Modernisation de la consigne : Les bottines ne suivent pas les babines !

Novembre 2015

Le regroupement bacs+ a dévoilé les résultats d’un sondage CROP portant sur le comportement des Québécois par rapport à la consigne. Dans le contexte où le gouvernement songe à implanter une consigne, notamment sur les bouteilles de vin, le sondage arrive à point.

Nous y apprenions entre autres que les Québécois sont en principe favorables au système de consigne (80 %), mais que ce taux chute drastiquement lorsqu’ils sont confrontés à un scénario réel de retour de contenants. En effet, seulement 58 % des Québécois rapporteraient leurs bouteilles de vins consignées si le point de dépôt était le supermarché le plus près. Le taux chute à 46 % si on demande au consommateur de se rendre à une SAQ. Advenant que le consommateur doive se rendre à un centre de dépôt (peu importe sa forme) situé à moins de 5 km de son domicile (43 %), entre 5 et 10 km (25 %) et plus de 10 km (15 %).

« L’instauration d’une consigne sur les bouteilles de vin (et les autres contenants de breuvages) n’occasionnera pas un courant massif favorisant le retour des contenants dans un lieu de dépôt donné. » Sylvain Gauthier, vice-président CROP.

Tous ces chiffres démontrent une chose : peu importe le scénario, il y aura toujours une quantité non négligeable de gens qui continuera de mettre ses bouteilles de vin dans le bac de récupération puisque c’est plus simple. Voilà qui est problématique puisque l’efficience de tout système de récupération d’une matière repose sur les taux de retour des contenants. Or, considérant que le taux de retour actuel des bouteilles de vin dans le bac de récupération se situe à 90 %, les résultats du sondage démontrent qu’aucun des scénarios véhiculés ne générerait d’aussi bons résultats.

Dans tout ce débat, il ne faut pas perdre de vue que le problème initial était le manque de débouchés pour une matière : le verre. L’objectif est donc de trouver une solution qui permettra de mieux valoriser cette matière. Comment les centres de tri pourront-ils continuer à innover pour trouver des débouchés pour le verre si on leur enlève 50 % de la matière à traiter?

Étant donné que les bouteilles de vin ne représentent que la moitié du verre généré par les consommateurs québécois, ne devrions-nous pas opter pour une solution qui vise 100 % du verre, comme la modernisation complète des centres de tri? Est-il plus efficace (d’un point de vue environnemental et économique) d’investir dans 24 centres de tri ou dans plusieurs milliers de centres de dépôt?

Finalement, est-ce que le gouvernement a évalué la possibilité de compléter l’optimisation des centres de tri, en utilisant notamment les 40 M$ offerts volontairement par les entreprises qui financent le système (Éco Entreprises Québec)? Voilà autant de questions que nous nous posons en ce qui concerne l’évolution de ce débat interminable.

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