Consigner les bouteilles de vin : 250 M $ sur cinq ans

Avril 2015

En tant que gestionnaires du système de consigne actuel, nous nous doutions bien que développer un réseau de centres de dépôt pour consigner les bouteilles de vin serait coûteux… TRÈS coûteux! Voilà qu’une étude indépendante réalisée pour la Société des alcools du Québec (SAQ) démontre qu’il faudrait débourser près de 250 M$ sur cinq ans!

Alors que le ministère de l’Environnement se penche sur la question du recyclage du verre, cette étude arrive à point. L’idée d’implanter des centres de dépôt pour recueillir les contenants était souvent évoquée par les promoteurs de la consigne, sans pour autant dévoiler de plan d’affaires ou du moins chiffrer les coûts qui y sont associés. Aujourd’hui, nous savons que les coûts seraient prohibitifs et le bilan environnemental plutôt incertain.

Quel pourcentage des contenants sera rapporté et quel pourcentage restera dans le bac de recyclage ? Chaque année, les Québécois consomment près de 200 millions de bouteilles de vin. Actuellement, le taux de retour des bouteilles de vin est supérieur à 90 %. Pour éviter que ce taux chute, l’étude estime qu’il faudrait implanter 522 centres de dépôt pouvant traiter entre 14 000 et 40 000 bouteilles par semaine. Cela représente 1 centre pour 15 700 citoyens, ce qui est similaire aux autres provinces canadiennes ayant un système semblable. Pour implanter un tel réseau, les auteurs de l’étude estiment qu’il en coûterait 115 M$ auxquels il faut ajouter des frais d’exploitation annuels récurrents de 27 M$. Rappelons qu’en Ontario, il en coûte 30 M$/année à la LCBO pour que les Beer Store récupèrent ses bouteilles (10 ¢ / bouteille). Bref, la facture est salée. Plusieurs ont critiqué la SAQ pensant qu’elle exagérait les chiffres afin d’effrayer le gouvernement affirmant qu’il en coûte beaucoup moins cher en Ontario. Pourtant, le scénario présenté tient la route puisque la comparaison avec l’Ontario ne tient pas compte des coûts d’implantation initiaux.

Au-delà du coût, l’impact environnemental est un autre élément à prendre en considération. À ce sujet, l’étude de la SAQ nous rappelle que le bilan environnemental d’un tel changement dans la façon de récupérer le verre ne serait pas plus vert ! En effet, l’étude démontre que les déplacements tant des consommateurs que des camions des récupérateurs généreraient pas moins de 35 000 tonnes de CO² par année.

Bref, voilà qui devrait faire réfléchir l’ensemble des membres du gouvernement qui seront appelés à se prononcer sous peu sur le sujet. Pour les détaillants en alimentation, il ne fait plus de doute qu’il est beaucoup plus logique de demander aux consommateurs de continuer de mettre leurs bouteilles de vin dans le bac de recyclage et d’investir dans les centres de tri afin d’améliorer la qualité du verre qui sort de la chaîne de tri.

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