Main-d’oeuvre : pénurie importante

Janvier 2018

L’enjeu de la pénurie de main-d’oeuvre a beaucoup fait les manchettes ces derniers temps. En effet, le taux de chômage au Québec est de 5,4 %, soit le plus faible taux enregistré depuis 1976 (il n’y avait pas de statistiques avant cette date). Dans de nombreux secteurs d’activités, le manque de main-d’oeuvre est suffisamment important pour que cela ralentisse la croissance économique à moyen terme. Chez les détaillants en alimentation, le problème n’est pas nouveau puisque cela fait plusieurs années que l’on constate qu’il manque de nombreux employés spécialisés, notamment les bouchers et les poissonniers, des postes pourtant souvent bien mieux payés que le salaire minimum. Depuis quelques mois, de nouveaux postes se sont ajoutés à la liste de ceux difficiles à pourvoir par exemple des postes de gestion de départements ou encore les traditionnels commis, caissiers, emballeurs, etc.

Différents groupes estiment que l’augmentation du salaire minimum pourrait être une solution au manque d’employés, mais c’est plus complexe que cela. Évidemment, le salaire est un facteur d’attraction et de rétention, mais il ne faut pas oublier le fait que les consommateurs exigent un service à la clientèle impeccable, et ce, 16h par jour. Les postes du secteur sont souvent identifiés comme difficilement compatibles avec la vie de famille ou les études à temps plein. De plus, les marges sont très faibles dans le domaine de l’alimentation pour accorder des hausses de salaire substantielles.

Plusieurs détaillants s’interrogent sur la pertinence de maintenir des heures d’ouverture de 8h à 22h alors qu’il devient de plus en plus difficile d’offrir l’expérience de magasinage souhaitée. Toutefois, la réalité commerciale peut varier d’un quartier ou d’une région à une autre. Le recours à une main-d’oeuvre temporaire étrangère est également évoqué, avec un programme similaire à celui qui existe en agriculture. Le 5 décembre, le premier ministre du Québec a même affirmé que la pénurie de main-d’oeuvre était un enjeu prioritaire puisque plus d’un million d’emplois seront à combler d’ici 2024. En 2018, les détaillants en alimentation devront redoubler d’ardeur et rivaliser d’imagination pour recruter et retenir leurs employés, car la concurrence pour les candidats n’est pas sur le point de se résorber.

8 de 8