Hausse du salaire minimum : un outil parmi d’autres

Janvier 2017

Peu après Noël, la ministre du Travail, Dominique Vien, a annoncé une hausse du salaire minimum de 50 cents effective en date du 1er mai prochain. Résultat, le salaire minimum sera dorénavant de 11,25 $ de l’heure. Il s’agit certes d’une hausse considérable, mais qui demeure bien en deçà du 15 $ de l’heure ayant défrayé les manchettes en 2016. D’ailleurs, le sujet ne manquera pas de revenir dans les médias en 2017.

Dans ce dossier, nous espérons que le gouvernement saura faire la part des choses. Personne n’est contre la vertu et les détaillants en alimentation aimeraient bien offrir de meilleurs salaires à l’ensemble de leurs employés. Toutefois, malgré la bonne volonté, une telle hausse risque d’avoir des répercussions telles que les inconvénients surpasseraient les avantages. C’est pourquoi nous invitons le gouvernement à étudier les différentes alternatives (ex. programme de soutien du revenu). Le salaire minimum est loin d’être le seul outil à la disposition du gouvernement pour influer sur le revenu disponible des ménages.

« Alors que les prix des aliments ne cessent de faire les manchettes, les détaillants en alimentation ne voient tout simplement pas comment ils pourront maintenir l’équilibre si le gouvernement allait de l’avant avec une hausse aussi substantielle du salaire minimum. »
Pierre-Alexandre Blouin, V-P Affaires publiques ADA

La rentabilité d’un commerce alimentaire repose sur un équilibre précaire entre les coûts d’approvisionnement et d’opérations (qui ne cessent de croître) ainsi que les ventes. Or, dans un contexte où la concurrence est de plus en plus féroce et où les consommateurs sont de moins en moins friands à se procurer leurs produits à prix régulier, rentabiliser un commerce alimentaire relève de l’exploit.

Certains avancent que les avantages d’une hausse du salaire minimum à 15 $ (ex. l’incitation à la dépense) compenseront les inconvénients (ex. une hausse du prix des denrées). Permettez-nous d’en douter! Certains ont aussi tendance à minimiser l’effet d’entraînement que peut causer une telle hausse sur l’ensemble de la masse salariale. Or, croire que les employés ayant plus de responsabilités et dont le taux horaire est actuellement proche de 15 $ ne revendiqueront pas eux aussi un réajustement salarial, c’est se mettre la tête dans le sable.

Peu avant Noël, l’ADA a rencontré des représentants du cabinet de la ministre du Travail afin de lui faire part de nos préoccupations en la matière. Nous avons profité de l’occasion pour inviter le gouvernement à être prudent dans son approche. La récente annonce de la ministre Vien démontre que notre intervention a porté ses fruits. Le sort des travailleurs au bas de l’échelle est une préoccupation pour laquelle nous devons collectivement trouver une solution, mais il faut éviter de se tirer dans le pied.

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