Révision du guide alimentaire canadien : un processus étrange

Août 2017

En 2017, le gouvernement fédéral a entrepris plusieurs consultations publiques sur l’alimentation : informations nutritionnelles, loi sur la salubrité des aliments, guide alimentaire, publicité visant les enfants, puis en juin, une nouvelle politique alimentaire. Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas vu Ottawa s’activer autant dans notre secteur d’activité. La séquence a quelque chose d’étrange : on règle les détails et ensuite on définit les grandes orientations.

Concernant le guide alimentaire, celui-ci sera complètement repensé en 2018 et comportera deux volets. Le premier serait destiné aux professionnels de la santé avec des recommandations précises et détaillées, tandis que le deuxième comprendrait des grands principes afin d’éduquer la population à une meilleure alimentation. Les représentants de la filière bioalimentaire (producteurs, transformateurs, distributeurs, etc.) ont été invités à répondre au sondage en ligne, mais aucune représentation de leur part n’a été autorisée.

L’ADA a répondu au questionnaire, mais a également fait part de ses interrogations quant à la façon dont celui-ci était rédigé. En effet, les questions posées manquaient de pédagogie dans leur formulation et dénotaient certains partis pris en faveur d’un régime alimentaire à base de protéines végétales et de fruits et légumes pouvant laisser sous-entendre que la consommation de protéines animales comme le lait, la viande ou encore les aliments transformés par l’industrie pouvaient être néfastes pour la santé.

En attendant le nouveau Guide, l’ADA se demande s’il est constructif de pointer du doigt la filière agroalimentaire comme seule responsable de l’épidémie d’obésité alors qu’une approche globale et concertée axée sur l’éducation, la promotion des choix responsables comme les aliments locaux et les conseils judicieux des détaillants peuvent faire une différence marquée.

Par ailleurs, le 16 août, l’ADA a participé aux consultations publiques organisées par Agriculture et Agroalimentaire Canada qui pilote l’élaboration de la nouvelle politique alimentaire canadienne. Axée sur les quatre thèmes dont la salubrité, l’accessibilité, la protection de l’environnement et la création de valeur ajoutée, l’ADA a fait part de son adhésion à ces grands principes, tout en rappelant l’importance de promouvoir vigoureusement l’approvisionnement et la valorisation des produits locaux et d’avoir une filière bioalimentaire canadienne dynamique.

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