France : interdiction de jeter la nourriture

Mai 2015

Depuis peu, les supermarchés français ont l’obligation de donner leurs invendus à des organismes caritatifs ou de les valoriser. En effet, les députés ont voté à l’unanimité en faveur d’un amendement visant à lutter contre le gaspillage alimentaire. L’initiative n’a pas manqué de susciter des réactions au Québec.

Bien que l’idée derrière la mesure soit empreinte de bon sens, soit éviter le gaspillage, nous sommes persuadés que l’approche n’est pas la bonne. Obliger les détaillants en alimentation à donner leurs invendus, alors que, la plupart du temps, ce sont les organismes caritatifs eux-mêmes qui n’ont pas les capacités organisationnelles et logistiques leur permettant d’accepter les dons, est un non-sens!

Pour éviter que les pertes se déplacent des détaillants vers les banques alimentaires, il serait plus judicieux d’aider les organismes à développer leur capacité et leur expertise pour être en mesure de recueillir un maximum de denrées, au lieu de forcer d’emblée la main des détaillants. Sur le terrain, on observe que les banques alimentaires, dont les capacités augmentent, arrivent à trouver des détaillants qui les approvisionnent en denrées. Bref, il faut éviter de mettre la charrue devant les boeufs puisqu’il y a toute une différence entre récupérer ce qui est possible de récupérer et d’exiger de récupérer 100 % des denrées encore consommables.

Rappelons qu’au Canada, seulement 11 % du gaspillage alimentaire est attribuable aux détaillants et 51 % aux consommateurs. L’État doit trouver une façon d’engager les consommateurs dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. Après tout, la lutte contre le gaspillage alimentaire, c’est l’affaire de tous !

D’où vient le gaspillage au Canada ?

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