Fermeture de Viandes Laroche

Novembre 2015

La seule entreprise d’envergure qui faisait la transformation de viande de boeuf au Québec, en répondant à pratiquement toutes les attentes des consommateurs (provenance locale, traçabilité, cahier des charges spécifiques, etc.) ferme ses portes et le sujet est pratiquement passé sous silence, même dans les médias spécialisés qui se disent préoccupés par l’achat local. On pourrait faire le jeu des comparaisons avec la saga Levinoff-Colbex, mais là n’est pas le point, d’autant plus que l’on ne parle pas du tout du même type de produit.

Aujourd’hui, des détaillants d’un peu partout au Québec qui souhaitaient un approvisionnement constant de boeuf local de haute qualité ne voient tout simplement pas d’alternative. Pour Francis Veilleux, dont la boucherie familiale de Ste-Marie-de-Beauce (devenue IGA Extra – Boucherie Veilleux) est cliente de Viandes Laroche depuis plus de 25 ans, les produits VCS sont réellement dans une classe à part. Les pièces qu’il réservait à sa chambre de vieillissement venaient principalement de l’usine d’Asbestos. Même chose pour les viandes à fondue chinoise que ses clients redemandaient. « La qualité était réellement supérieure et les clients ne voulaient plus retourner à la viande conventionnelle après y avoir goûté », explique M. Veilleux.

C’est toute la chaîne de valeur québécoise qui vit une grosse perte, que dire de la ville d’Asbestos qui perd les retombées d’un important employeur et des milliers de consommateurs qui ne retrouveront plus VCS sur les tablettes, du moins pour le moment.

Il y a deux ans, c’était le même scénario, bien qu’à une plus petite échelle, pour Viandes Qualité Bouchard à Saguenay. Avant, il y a eu Nature Boeuf dans le Bas-St-Laurent. Certains membres de la filière se questionnent à savoir s’il est toujours possible de développer des entreprises compétitives dans le contexte réglementaire et commercial québécois. Force est de constater que, même avec une approche fortement différenciée, le défi demeure grand. Les consommateurs sont des personnages complexes dont les comportements sont motivés par une foule de critères qualitatifs, mais qui vacillent rapidement devant un rabais alléchant.

Des pourparlers en vue d’une relance ont actuellement cours. L’ADA espère de tout coeur qu’une solution sera trouvée rapidement et, qui sait, que l’agroalimentaire pourtant prépondérante dans toutes les régions du Québec devienne une véritable préoccupation gouvernementale, au même titre que l’industrie aérospatiale.

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